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ACTION URGENTE Young BYAMUNGU Dunia, défenseur des droits humains : menace imminente de mort

République démocratique du Congo

vendredi 5 février 2010 par COVER-CONGO

Le travail de Défenseur des droits humains au Sud-Kivu, service à la nation ou précipitation de la mort

Encore l’annonce de la mort très proche d’un défenseur des droits humains à Bukavu

Alors que les plaies de la famille des défenseurs des droits humains de Bukavu dues aux assassinats successifs et savamment préparés par ceux qui les suspectent d’avoir dénoncé les antivaleurs ou d’être en train de vouloir les dénoncer ne sont pas encore pansées, un autre défenseur des droits humains est en train de vivre les signes certains de sa mort très prochaine : il s’agit bien de Maître Young BYAMUNGU Dunia, défenseur judiciaire près les tribunaux du ressort de la Cour d’Appel de Bukavu et Responsable du service Aide Légale au sein de l’asbl Héritiers de la Justice, qui passe ses derniers moments dans le couloir de la mort.

Les bourreaux, forts de l’impunité régnant dans notre Etat, ne s’empêchent plus d’annoncer leur forfait. Il suffira d’avoir en mémoire les diverses menaces de mort dont avaient fait l’objet les dignes fils du pays quelques temps avant d’être lâchement abattus : les cas de Serge MAHESHE et Maître Georges KATETA sont éloquents quant à ce. 

Depuis plus de deux semaines maintenant, Maître Young BYAMUNGU Dunia assiste, à maintes reprises, à l’assiégement de sa demeure par beaucoup d’hommes en armes et en tenues militaires, lesquels tentent en vain de forcer, durant la nuit, les portes pour l’abattre.

Solon nos sources, en dates des 20, 22, et 23 janvier 2010, dans l’intervalle allant de 00h et à 4heures du matin, sans préjudice d’heure précise, il aurait été victime des visites des hommes décidément envoyés pour lui arracher la vie, on ne sait pour quel motif. Ces hommes se préparaient à réaliser leur forfait sans qu’ils soient attrapés, ni qu’il y ait suspicion sur l’un de leurs car, chaque fois qu’ils arrivent, ils s’emploient d’abord à placer certains de leurs devant les portes des maisons des voisins pour que les autres opèrent en toute quiétude. Heureusement, jusqu’à ce jour, ils n’ont pas réussi à forcer la porte de la maison de ce fervent défenseur des droits humains ayant déjà réalisé un travail de titan dans la province du Sud-Kivu, depuis plus de six ans.

Fasse à la répétition des attaques, il ne s’est pas empêché de dénoncer ces faits et tentatives dont sa famille et lui-même sont victimes. Pour ce faire, en date du 25 janvier 2010, par sa lettre no 03/YBD/ED/DF/2010 dont copie nous a été réservée, il a officiellement écrit aux autorités de la province pour demander assistance ou, à l’extrême, pour qu’il lui soit autorisé de porter une arme de protection individuelle. Malheureusement, alors que dûment déposée contre accusé de réception, cette lettre est restée sans suite comme si la disparition de cet autre défenseur des droits humains ne constituerait en rien une perte tant pour la province du Sud-Kivu que pour la RDC tout entière.

Finalement, on pourrait se poser beaucoup de questions tant sur la fréquence des ces menaces dont est victime ce digne fils de la RDC que sur le silence ou la passivité des autorités censées le protéger :

  • Est-ce pour avoir lutté contre les antivaleurs ou défendu les démunis qu’il mérite un tel traitement de la part des hommes mal intentionnés et qui n’attachent plus de valeur à la vie humaine ?
  • Est-ce car ceux qui ont adopté le même comportement à l’égard des autres dignes fils du pays sont restés impunis qu’ils voudraient en arriver à éliminer tous ceux qui restent l’un après l’autre ?
  • Est-ce parce que le projet d’Edit sur la protection des défenseurs des droits humains a été rejetée à l’Assemblée Provinciale du Sud-Kivu en 2009 que les autorités s’abstiennent d’avoir d’oreille attentive au cri de l’une des personnes ayant consacré leur vie à la défense et la promotion des droits des personnes défavorisées et vulnérables ?

L’asbl COVER-CONGO considère pour sa part que dans toutes les hypothèses envisageables autour de l’insécurité dont est victime Me YOUNG BYAMUNGU Dunia, rien ne justifie ni les bourreaux, ni les autorités à adopter le comportement qui est le leur en ce moment. Elle considère en outre que ces menaces ne sont aucunément ni un fait du hasard, ni sans objectif. Elle rappelle que les assassinats des autres défenseurs des droits humains ont souvent, si pas toujours, commencé exactement comme cela ; ce qui prouve que les assassins des défenseurs des droits humains sont constitués en réseau et opèrent en toute quiétude car ce réseau n’étant pas encore identifié et démantelé, ni ses membres inquiétés. Bien au contraire, ils essayent d’améliorer les stratégies d’opérer pour qu’aucune preuve de leur implication dans les divers assassinats ne soit obtenue.

Compte tenu de ce qui précède, le Collectif des Volontaires Engagés pour la Renaissance du Congo, Cover-Congo asbl, en appelle :

  1.  A la vigilance de toutes les organisations de la Société Civile du Sud-Kivu et de tous les défenseurs des droits humains, à leur solidarité dans la lutte contre ce danger d’extermination les menaçant, ainsi qu’à mener des actions à leur pouvoir pour sauver l’un de leurs dont la vie et la survie de sa jeune famille sont menacées.
  2. A l’attention de tous ceux dont le projet est de mettre fin aux vies des personnes ayant accepté de porter le lourd fardeau d’aider les démunis, les défavorisés et les vulnérables pour qu’ils soient conséquents par rapport à leurs actes et leur rappelle que d’une façon ou d’une autre ils auront à répondre de leurs actes et les répercussions de ces derniers pourraient s’étendre jusqu’à leur descendance. Ils ont donc intérêt à arrêter, faute de quoi ils vont amener la société à imaginer des réponses extrémistes à leurs actes. 
  3. A l’attention des autorités provinciales et nationales pour que des mesures sérieuses et urgentes soient prises pour sauver ce défenseur des droits humains, l’ensemble des défenseurs survivants et que les enquêtes soient amorcées sans délai pour déterminer les bourreaux et, éventuellement, les traduire en justice pour qu’ils y répondent de leurs actes.
  4. A l’attention de la Communauté Internationale pour relayer et compléter l’action tant des organisations de la société civile que des autorités locales et nationales en matière de protection des défenseurs des droits humains, de s’impliquer davantage dans la documentation et les enquêtes de ces cas qui prennent désormais les allures du terrorisme et des crimes graves du Droit international. Le récent assassinat à Kiliba de feu Faustin KAHEGESHE (par trois hommes en armes et en tenue militaire l’ayant trouvé en réunion autour de 19h et ayant ravi les téléphones de tous les membres participant à la réunion, après quoi ils ont commis leur forfait et sont repartis, qui a servi de matérialisation de toutes les tactiques terroristes du film 24 heures chrono), ancien Directeur de la sucrerie de Kiliba reste un souvenir de triste mémoire. Il va sans dire qu’avant tout cela, des actions devraient être menées pour sauver la vie de Me Young Byamungu Dunia, celle de sa femme et de ses enfants car les bourreaux semblent s’être fixés comme principe le déterminisme qui veut que dans les mêmes circonstances les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Ainsi fait à Bukavu, le 02 février 2010.

COVER-CONGO asbl

 

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