Arrestations et restrictions à la liberté de mouvements de plusieurs défenseurs des droits humains




Front Line est profondément inquiète suite aux arrestations et aux restrictions à la liberté de mouvements des défenseurs des droits humains Zakia Dhifaoui, membres de la section de Kairouan de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH) ; Ali Ben Salem, président de la section de Bizerte de la LTDH ; Mohamed Ben Saïd, membres de la section de Bizerte de la LTDH ; Othman Jmili et Faouzi Sadkaoui membres de l’Association internationale de soutien aux prisonniers politiques en Tunisie (AISPP).

Informations complémentaires

Publié le 06/08/2008 Le 27 juillet 2008, Zakia Dhifaoui a été arrêtée après avoir participé à une manifestation pacifique le matin même, devant le domicile du syndicaliste Adnan Hajji, actuellement en prison. Mme Dhifaoui a comparu devant la Cour Correctionnelle de Gafsa le 31 juillet 2008 ; elle est accusée de « détérioration de biens privés, attaque contre la morale, participation à un rassemblement de plus de 10 personnes, agression d’un fonctionnaire, jet de d’objet solide et trouble de l’ordre public ». Lors de l’audience, Zakia Dhifaoui a déclaré avoir été victime de harcèlement sexuel et menacée de viol par un agent de police dont -Front Line connaît le nom. De plus, elle a été forcée de signer un document sans en connaître le contenu. Le juge a refusé d’enregistrer ces déclarations et a reporté l’audience au 14 août 2008.

Othman Jmili et Faouzi Sadkaoui ont été arrêtés dans l’après midi du 25 juillet 2008 et conduits à la prison de Bizerte. Le 29 juillet 2008, ils ont comparu devant la Cour cantonale de Bizerte, accusés de rassemblement dans un espace public et d’attaque contre la morale. Othman Jmili et Faouzi Sadkaoui avaient tous les deux participés à un rassemblement pacifique devant la mairie de Bizerte le 25 juillet 2008. Des policiers ont empêché leurs proches et certains membres de la société civile d’assister à l’audience.

Mohamed Ben Saïd a été arrêté dans la matinée du 28 juillet 2008 sur l’autoroute qui relie Bizerte à Tunis. Après un interrogatoire qui a duré plus d’une heure, il a été libéré et intercepté une nouvelle fois par quatre policiers qui l’ont accusé d’avoir refusé de s’arrêter. Mohammed Ben Saïd a été détenu dans le centre de Bouchoucha pour avoir refusé d’obéir aux ordres des agents du trafic. Quelques minutes plus tard, Ali Ben Salem a lui aussi été arrêté par des agents du trafic, à une sortie de la même autoroute entre Bizerte et Tunis. Il a été détenu plus d’une heure et on lui a ordonné de faire demi-tour et de rentrer à Bizerte. Mohamed Ben Saïd et Ali Ben Salem avaient aussi participé au rassemblement pacifique de Bizerte le 25 juillet 2008.

Front Line pense que l’arrestation de Zakia Dhifaoui, Ali Ben Salem, Mohamed Ben Saïd, Othman Jmili et Faouzi Sadkaoui, ainsi que les restrictions à la liberté de mouvement d’Ali Ben Salem ont un lien direct avec leurs actions pacifiques et légitimes en faveur des droits humains. Par ailleurs, Front Line est soucieuse pour la sécurité et l’intégrité physique et psychologique de ces défenseurs des droits humains et de leur famille.





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