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Reporters sans frontières est scandalisée par la remise en liberté d’Abel Santiago Zárate, élu local chargé de la Sécurité publique à Santa Lucia del Camino (Etat de Oaxaca), et de son chef d’escorte, Orlando Manuel Aguilar Coello, deux des assassins présumés du cameraman d’Indymedia, Brad Will, tué par balles lors d’une manifestation hostile au gouverneur de l’Etat de Oaxaca, le 27 octobre 2006.
Malgré les indices et les témoignages tendant à prouver que les deux hommes avaient bel et bien ouvert le feu en direction du journaliste, ces derniers ont été relâchés le 1er décembre après avoir purgé un mois de détention préventive, a indiqué le quotidien La Jornada. Le parquet de l’Etat de Oaxaca (Procuraduria General de Justicia del Estado) a fait savoir que le type d’arme qui avait servi à tuer Brad Will ne correspondait pas au modèle utilisé par les deux prévenus, sans fournir davantage d’explications.
« Les résultats des autopsies pratiquées sur le corps de Brad Will ont été instrumentalisés par les autorités afin de faire endosser l’assassinat aux militants de l’Assemblée populaire des peuples de Oaxaca (APPO), dont le journaliste couvrait les manifestations. D’autre part, Abel Santiago Zárate et Orlando Manuel Aguilar Coello, témoins clés dans cet assassinat, sinon assassins directs du journaliste, sont maintenant remis en liberté alors que d’autres individus suspectés n’ont même pas été appréhendés. Enfin et surtout, les identités des autres suspects ont brutalement changé en cours de route. Il n’est plus question des deux policiers municipaux, Juan Carlos Soriano et Juan Carlos Sumano, ni du paramilitaire Pedro Carmona. Tout laisse à penser que les autorités judiciaires de l’Etat de Oaxaca cherchent à blanchir l’entourage du gouverneur UlÃses Ruiz Ortiz. Cette mesure est une véritable insulte à la victime et un encouragement à l’impunité », a déclaré Reporters sans frontières.