Chapitre 3.3 : Détention, arrestation, enlèvement et capture d’un défenseur

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Chapitre 3.3 : Détention, arrestation, enlèvement et capture d’un défenseur

Capture et enlèvement d’un défenseur

par Enrique Eguren et Marie Caraj

Du point de vue de l’organisation

La gestion d’une crise d’enlèvement est un processus changeant qui peut durer de quelques heures à plusieurs mois ou années. Le plus important est de mobili- ser une équipe de gestion de la crise ; de gérer de la famille, l’autorité et la presse ; la communication et la négociation avec les ravisseurs.

Communiquer et négocier avec les ravisseurs

L’enlèvement, tel qu’il est défini ici, est délibéré et sert un but. Habituellement les ravisseurs se manifesteront pour transmettre leurs exigences et dicter leurs conditions.

L’équipe de gestion de crise devrait maintenir le contrôle des négociations, mais éviter d’entrer en contact direct avec les ravisseurs ; l’objectif est de mettre en place un délai pour permettre les consultations internes et externes et la prise de décision. Vous pouvez si c’est nécessaire, demander des preuves que le ou les captifs sont en vie, ainsi que des preuves de l’identité des ravisseurs. Il est également possible de demander et d’encourager le bon traitement des captifs.

Si l’enlèvement est un risque réel, il est important de se mettre d’accord sur certaines règles et procédures liées à la rançon et aux exigences des ravisseurs, si possible en accord avec des organisations similaires, et de les publier. Dans tous les cas, des événements préalables et similaires fourniront des renseignements sur les étapes probables d’un enlèvement. Nouveau manuel de protection pour les défenseurs des droits humains

Du point de vue du défenseur capturé / enlevé

Les moments les plus dangereux, ceux quand les ravisseurs seront le plus à cran, ont lieu pendant l’enlèvement, lorsque le captif est déplacé d’urgence parce que les ravisseurs craignent la proximité des autorités, en situation de siège et pendant la libération.

Vos ravisseurs voudront que vous restiez silencieux ; on peut vous bander les yeux, vous battre voire même vous droguer pour que vous le soyez. Il ne sert à rien de crier ou de se débattre pour s’opposer à cela : rester calme et silencieux offre la plus grande chance d’éviter ce traitement (à moins que vous puissiez raisonnablement espérer que crier ou hurler pendant un enlèvement pousse d’autres personnes à vous venir en aide).

L’endroit et les conditions dans lesquelles les captifs sont détenus peuvent énormément varier. Vous pouvez être détenu au même endroit ou bien déplacé plusieurs fois ; vous pouvez être seul ou bien avec d’autres captifs. Il arrive que des captifs développent une certaine relation avec leurs ravisseurs et qu’ils s’adaptent difficilement au changement de leurs gardes.

Obéissez aux ordres de vos ravisseurs sans paraître servile ; évitez de les sur- prendre ou de les rendre méfiants.

Essayez de garder votre santé physique et mentale.

Si vous êtes dans un groupe, essayez d’éviter qu’on vous sépare, comme la présence d’au moins une autre personne peut être une source de soutien. Il est cependant important d’être préparé à la séparation et aux changements, et d’une manière générale aux incertitudes que chaque jour peut amener et aux- quelles il faudra faire face.

Ce n’est pas à vous d’obtenir une libération, mais à votre organisation. Ne vous impliquez jamais directement dans les négociations pour votre libération. Cela ne fera que compliquer la situation. Si on vous demande de parler à la radio, au téléphone ou d’être filmé, ne dites que ce que l’on vous demande et refusez de négocier même si vous y êtes poussé par vos ravisseurs.

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