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Action Urgente
samedi 14 janvier 2012 par FIDH
12 janvier 2012
TCD 001 / 1211 / OBS 143.1
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme,
programme conjoint de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT)
et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme
(FIDH), a reçu de nouvelles informations sur la situation suivante au
Tchad.
Nouvelles informations :
L’Observatoire a été informé par des sources fiables de la libération de M. Daniel Deuzoumbé Passalet, président de l’organisation de défense des droits de l’Homme « Droits de l’Homme sans frontières » (DHSF).
Selon les informations reçues, le 30 décembre 2011, M. Daniel
Deuzoumbé Passalet a été déclaré non coupable, relaxé « au bénéfice du
doute » par le Tribunal de première instance de N’Djaména, statuant en
audiences foraines à Moussoro, après 11 jours de détention préventive
(cf. rappel des faits), et libéré. Le procureur de la République a fait
appel de cette décision.
L’Observatoire salue la libération de M. Daniel Deuzoumbé Passalet
et remercie toutes les personnes, organisations et institutions qui sont
intervenues en sa faveur. L’Observatoire en appelle néanmoins aux
autorités tchadiennes pour qu’un terme soit mis à tout harcèlement - y
compris judiciaire - ou répression à son encontre et celle de tous les
défenseurs des droits de l’Homme au Tchad.
Rappel des faits :
Le 19 décembre 2011, M. Daniel Deuzoumbé Passalet a été convoqué au
bureau du procureur de la République, afin d’être interrogé au sujet de
la déclaration qu’il avait faite la veille, 18 décembre 2011, sur Radio
France internationale (RFI) au sujet de l’enlèvement de l’épouse d’un
défunt chef du village Mata-Léré. Au cours de l’interview, M. Deuzoumbé
Passalet avait dénoncé le blocage de l’instruction dans l’assassinat de
ce chef de village en septembre 2011 et le fait que l’épouse de ce
dernier aurait été enlevée par les forces de sécurité afin de l’empêcher
de retirer une plainte pour « fausse accusation » qu’elle avait déposée
contre le dirigeant de l’opposition et membre du Parlement Saleh
Kebzabo, en relation avec l’assassinat de son mari.
Suite à son audition par le procureur de la République, M. Deuzoumbé
Passalet a été transféré à la police judiciaire et placé en garde à
vue, sur la base d’accusations de « dénonciation calomnieuse ».
Le 21 décembre 2011, M. Deuzoumbé Passalet a été transféré à la
prison de Moussoro, à 300 km au nord de N’Djaména, réservée aux
condamnés, tandis que les autres détenus de la maison d’arrêt de
N’Djaména (prévenus ou inculpés), récemment fermée, ont eux été
transférés dans un nouvel établissement dont le Gouvernement vient
d’achever la construction, à Am Sinéné, à la sortie de la capitale.
Le 22 décembre 2011, M. Deuzoumbé a entamé une grève de la faim.
Actions requises :
L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités tchadiennes en leur demandant de :
i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et
psychologique de M. Daniel Deuzoumbé Passalet et de l’ensemble des
défenseurs des droits de l’Homme au Tchad ;
ii. Mettre un terme à toute forme de harcèlement - y compris
judiciaire - à l’encontre de M. Daniel Deuzoumbé Passalet ainsi que de
l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme au Tchad ;
iii. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les
défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des
Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement
son
article 1 qui stipule que “chacun a le droit, individuellement ou en
association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation
de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales
aux niveaux national et international” ;
son
article 6 qui stipule que “chacun a le droit, individuellement ou en
association avec d’autres : a) De détenir, rechercher, obtenir, recevoir
et conserver des informations sur tous les droits de l’homme et toutes
les libertés fondamentales en ayant notamment accès à l’information
quant à la manière dont il est donné effet à ces droits et libertés dans
le système législatif, judiciaire ou administratif national ; b)
Conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de
l’homme et autres instruments internationaux applicables, de publier,
communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et
connaissances sur tous les droits de l’homme et toutes les libertés
fondamentales ;
et
son article 12.2 qui prévoit que “l’Etat prend toutes les mesures
nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute
personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute
violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure,
pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime
des droits visés dans la présente Déclaration” ;
iv. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la
Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux
et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par le Tchad.
Adresses :
· M. Idriss Deby, Président de la République, Présidence de
la République, BP 74, N’Djamena, République du Tchad. Email : http://www.presidencetchad.org/nous...
· M. Amina Kodjiyana, Ministre des Droits de l’Homme,
Ministère des Droits de l’Homme, BP 169, N’Djamena, République du Tchad.
Email : droittchad yahoo.fr
· M. Abdoulaye Sabre Fadoul, Ministre de la Justice, Garde
des Sceaux, Ministère de la Justice, BP 426, N’Djamena, République du
Tchad.
· S.E. M. Malloum BAMANGA ABBAS, Mission permanente de la
République du Tchad auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, Rue
Tronchin 14, 1202 Genève, Suisse. Email : mission.tchad bluewin.ch
Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques du Tchad dans vos pays respectifs.