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12 décembre 2006
(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières exprime son immense soulagement après la libération anticipée du journaliste Gao Qinrong, condamné en 1999 à treize ans de prison pour avoir dénoncé un scandale de corruption impliquant de hauts responsables de la région du Shanxi.
"Condamné injustement à une très lourde peine de prison, Gao Qinrong aura payé très chèrement son travail journalistique sur la corruption qui gangrène la Chine populaire. Nous nous réjouissons de sa libération, mais il est important de rappeler que le journaliste a passé huit ans de sa vie en prison, et que 31 autres journalistes sont actuellement détenus pour avoir voulu informer librement la population", a affirmé l’organisation.
Interrogé au téléphone par Reporters sans frontières, Gao Qinrong a confirmé avoir été libéré le 7 décembre 2006, à 15 heures (heure locale), de la prison N°1 de Qixian (province du Shanxi, sud-ouest de Pékin). Libéré près de cinq ans avant la fin de sa peine initiale, le journaliste a bénéficié d’une troisième réduction de peine liée à sa « bonne conduite » en prison. "Ma santé n’est pas si mauvaise. Je dois maintenant me reposer chez moi, mais je compte également aller devant la justice pour être innocenté", a-t-il expliqué depuis son domicile de Taiyuan (province du Shanxi).
Gao Qinrong a exprimé sa très vive inquiétude quant aux menaces de personnes qu’il avait mises en cause dans ses enquêtes. En effet, l’un de ses coaccusés avait été passé à tabac par des hommes de main d’un officiel, le jour même de sa libération en 2003. Gao Qinrong a ainsi obtenu de la police et des autorités pénitentiaires qu’elles le conduisent à son domicile en véhicule officiel et qu’il puisse bénéficier d’une protection.
Les proches et les anciens collègues du journaliste l’ont averti d’être prudent, de peur que d’anciens officiels cherchent toujours à se venger de ses articles parus dans les médias en 1998.
Gao Qinrong, maintenant âgé de 51 ans, a salué le soutien des journalistes, des médias et de Reporters sans frontières qui l’ont défendu et ont soutenu son épouse pendant ces longues années de détention. Plusieurs pays occidentaux avaient inscrit son nom dans la liste des prisonniers d’opinion dont ils demandaient la libération.
Gao Qinrong, correspondant de l’agence officielle Xinhua, avait été arrêté le 4 décembre 1998 après avoir dénoncé un scandale de corruption lié à un projet d’irrigation dans la province du Shanxi. Il avait été condamné à treize ans de prison le 28 avril 1999 pour « corruption » et « proxénétisme ». A trois reprises, en 2002, 2004 et 2006, le journaliste a obtenu des réductions de peine.
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