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Front Line est profondément préoccupée suite à l’arrestation de neuf défenseuses des droits des femmes lors d’une manifestation pacifique devant la Rahe Abrisham Gallery à Téhéran, le 12 juin 2008. Le défenseuse Aida Saadat, journaliste qui travaille pour les sites internet Etemad et Change for Equality ; Nasrin Sotoode, avocate pour les droits des femmes ; Jelve Javaheri, journaliste qui travaille pour le site internet Change for Equality ; Jilla Baniyagoub, journaliste qui travaille pour les sites internet Sarmayeh et Canon Zeman Irani ; Sarah Loghmani et Farideh Ghaeb, toutes deux journalistes pour le site Canon Zeman Irani ; Alieh Motalbezadeh, journaliste et photographe ; ainsi que les défenseuses des droits des femmes Nahid Mirhaj et Nafiseh Azad, se sont rassemblées pour célébrer la journée nationale de solidarité des femmes iraniennes, en protestation aux lois discriminatoires contre les femmes en Iran. Elles se rassemblaient aussi dans le but d’étudier les avancées du mouvement qui milite pour les droits des femmes lors de diverses rencontres qui ont eu lieu ces dernières années.
Informations complémentaires
Publié le 17/06/2008. Le 12 juin 2008, Aida Saadat, Nasrin Sotoode, Jelve Javaheri, Jilla Baniyagoub, Sarah Loghmani, Farideh Ghaeb, Alieh Motalbezadeh, Nahid Mirhaj et Nafiseh Azad ont été arrêtées devant la Rahe Abrisham Gallery à Téhéran, où elles avaient prévu un séminaire de 100 à 150 personnes sur le mouvement qui milite pour les droits des femmes en Iran. A leur arrivée, la galerie était fermée et les forces de sécurité qui avaient annulé la rencontre les attendaient. Aida Saadat et Nahid Mirhaj sont restées dehors pour informer les participants, mais elles ont été arrêtées aux environs de 15h00. Lorsque Nasrin Sotoode et Jilla Baniyaghoub ont tenté de se renseigner sur l’arrestation d’Aida Saadat et Nahid Mirhaj, elles ont aussi été arrêtées. Nafisah Azad, Jelve Javaheri, Sarah Loghmani, Farideh Ghaeb et Alieh Motalbezadeh ont été arrêtées peu après. Elles ont été détenues au centre de détention de Vozara. Elles ont été libérées aux alentours de 1h00 du matin et en ce moment, elles attendent de savoir quelles charges seront retenues contre elles.
Le même jour, la police s’est rendue au domicile de Parvin Ardalan, éditrice du site web Change for Equality, mais comme elle n’était pas chez elle, ils n’ont pu l’arrêter. Le 2 mai 2008, Parvin Ardalan a été condamnée à deux ans de prison et à dix coups de fouet, avec un sursis de trois ans, sur la base d’accusations de « rassemblement illégal, collusion et refus d’obéir aux ordres des forces de police, dans l’intention de mettre en danger la sécurité nationale ». Si elle est déclarée coupable de tout autre crime durant la période de sa condamnation avec sursis, elle sera emprisonnée et recevra les dix coups de fouet. Ces accusations ont un lien avec une manifestation pacifique qu’elle a organisée sur la place Hafte Tir le 12 juin 2006, afin de protester contre les discriminations à l’encontre les femmes.
La journée nationale de solidarité des femmes iraniennes est un événement annuel pour les défenseuses des droits des femmes en Iran. Le 12 juin 2006, une manifestation pacifique sur la place Hafte Tir à Téhéran, contre les lois discriminatoires en Iran, avait violemment été interrompue par la police et les forces de sécurité. Plus de 70 personnes avaient été arrêtées, et 14 défenseuses des droits humains ont été condamnées suite à cette manifestation. Le 12 juin 2007, de nombreuses défenseuses des droits humains ont célébré la journée nationale de solidarité des femmes iraniennes en privé, à leur domicile. Cependant, les forces de sécurité auraient tenté d’empêcher des rencontres privées qui ont eu lieu pour défendre les droits des femmes, bien que la Constitution iranienne reconnaisse la liberté de réunion et accorde le droit de manifester pacifiquement.
Front Line pense que Aida Saadat, Nasrin Sotoode, Jelve Javaheri, Jilla Baniyagoub, Sarah Loghmani, Farideh Ghaeb, Alieh Motalbezadeh, Nahid Mirhaj et Nafiseh Azad ont été prises pour cible à cause de leurs actions légitimes en faveur des droits humains, en particulier leur travail pour la défense des droits des femmes. Front Line considère que ces arrestations font partie d’une campagne de harcèlement contre les défenseuses des droits des femmes en Iran. Front Line est soucieuse pour l’intégrité physique et psychologique des défenseuses mentionnées ci-dessus.