Iran : traitements médicaux inadaptés pour le défenseur des droits humains Emadeddin Baghi




Front Line est profondément inquiète suite à des rapports qui indiquent que le défenseur des droits humains Emadeddin Baghi, emprisonné depuis octobre 2007, a été renvoyé en prison après avoir eu une crise cardiaque le 7 mai 2008. Emadeddin Baghi est le fondateur de l’Association pour les Droits des Prisonniers et de la ’Society of the Right to Life Guardians’ en Iran. Il a beaucoup écrit au sujet des droits humains, particulièrement pour critiquer l’usage de la peine de mort et pour défendre le droit à la liberté d’expression. Il a reçu plusieurs prix internationaux pour ses actions, dont le ’Civil Courage Prize’ en 2004, le Prix des Droits de l’Homme de la République Française en 2005, et le prix de l’International Journalist of the Year 2008 décerné par la presse britannique.

Informations complémentaires

Publié le 20/05/2008. Le 7 mai 2008, Emadeddin Baghi a été victime d’une crise cardiaque. Il a été conduit à l’hôpital afin d’être soigné, mais a été reconduit en prison le soir même. Lorsqu’il est retourné dans se cellule, tous ses biens avaient disparu, notamment ses livres et ses écrits, mais aussi un dossier qu’il gardait pour défendre son affaire. L’état de santé de Emadeddin Baghi est très mauvais depuis qu’il a entamé sa peine en octobre 2007. En décembre 2007, il avait déjà eu une attaque et avait été conduit à l’hôpital. Sur place, il avait subi une seconde attaque, puis avait été reconduit en prison le jour suivant.

Le 17 janvier 2008, il avait obtenu un mois de liberté sous caution afin de recevoir un traitement médical adapté. Ce délai avait été prolongé jusqu’au 29 avril 2008, jour où il a été renvoyé en prison. Le 13 mai 2008, six jours après son attaque, la famille de Emadeddin Baghi lui a rendu visite et l’a trouvé affaibli et pâle. Il semblerait que son état de santé soit très mauvais et que sa vie puisse être en danger.

Emadeddin Baghi a été arrêté le 14 octobre 2007, après s’être présenté à une convocation devant la Branche 14 du Tribunal Révolutionnaire à Téhéran. Il a été interrogé sur ses activités au sein de l’Association pour la Défense des Droits des Prisonniers et a été accusé d’avoir révélé des informations confidentielles, ainsi que d’avoir insulté les autorités iraniennes à travers ses critiques de l’usage de la peine de mort. Lorsque les membres de sa famille ont tenté de payer la caution établie à 500 millions de rials, ils ont été informés que Emadeddin Baghi devait purger une peine de un an de prison ferme, imposée lors d’un procès inéquitable en 2003 (son avocat n’avait pas été autorisé à assister au procès). Emadeddin Baghi a déjà passé trois ans en prison entre 2000 et 2002, à cause d’articles qui critiquaient la peine de mort et dénonçaient les meurtres de nombreux universitaires en Iran.

Front Line pense que l’emprisonnement et les traitements médicaux inadaptés délivrés à Emadeddin Baghi sont liés à son action légitime en faveur des droits humains, et particulièrement son travail contre la peine de mort et pour la défense de la liberté d’expression en Iran. Front Line est soucieuse pour l’intégrité physique et psychologique de Emadeddin Baghi, et craint que sa vie soit mise en danger.





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