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mercredi 28 novembre 2007 par Observatoire
CMR 001 / 1107 / OBS 150
Arrestation arbitraire
Cameroun
28 novembre 2007
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir d’urgence à propos de la situation suivante en Cameroun.
Description de la situation :
L’Observatoire a été informé par la Maison des droits de l’Homme du Cameroun de l’arrestation de M. Jean Marc Bikoko, président de la Centrale syndicale du secteur public, et de Mme Brigitte Tamo, enseignante du lycée technique de Yaoundé et membre de ce syndicat.
Selon les informations reçues, le 28 novembre 2007, à 11h, une manifestation a eu lieu, organisée par la Centrale syndicale du secteur public, devant l’Assemblée nationale à Yaoundé, afin de demander le rétablissement des salaires des fonctionnaires. Alors qu’ils manifestaient pacifiquement, M. Bikoko et Mme Tamo ont été arrêtés et transférés à la Gendarmerie de la légion du centre, où ils sont toujours actuellement détenus.
L’Observatoire exprime sa plus vive préoccupation à l’égard de ces arrestations, qui visent manifestement à sanctionner les activités syndicales de M. Bikoko et de Mme Tamo.
En outre, l’Observatoire rappelle aux autorités camerounaises leur obligation de protéger les défenseurs des droits de l’Homme conformément à l’article 12.2 de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, qui dispose que “l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration”.
Actions demandées :
L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités du Cameroun et de leur demander de :
i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Bikoko et de Mme Tamo ;
ii. Procéder à leur libération immédiate et inconditionnelle en l’absence de toute charge valable à leur encontre ;
iii. Mettre un terme à toute forme de harcèlement à l’encontre de tous les défenseurs des droits de l’Homme au Cameroun, afin qu’ils puissent exercer leur profession et mener leur activité de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave
iv. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à son article 1 qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international”, son article 6(b), selon lequel “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, conformément aux instruments internationaux relatifs aux droits de l’Homme et autres instruments internationaux applicables, de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances sur tous les droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales”, et son article 12.2 susmentionné ;
v. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par le Cameroun.
Adresses :
Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques du Cameroun dans vos pays respectifs.
***
Paris-Genève, le 28 novembre 2007
Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.
L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.
L’Observatoire a été lauréat 1998 du Prix des Droits de l’Homme de la République Française.
Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence :
E-Mail : Appeals fidh.omct.org
Tel et fax FIDH : + 33 1 43 55 20 11 / 33 1 43 55 18 80
Tel et fax OMCT : +41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29