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“Je ne suis qu’une femme, un être humain parmi des millions […]. Je me contente de témoigner de l’instant présent et d’écrire ce que je vois” [1]
Anna Politkovskaya
Cet assassinat a ébranlé l’opinion publique internationale mais l’année 2006 a été ponctuée par d’autres assassinats tragiques de défenseurs anonymes. Ainsi, le 26 juin 2006, M. Wilfredo Cornea, dirigeant d’une association de défense des droits des paysans aux Philippines, a été assassiné chez lui à l’hacienda de Mulawin par deux inconnus ; le 28 avril 2006, le corps de M. Thabet Hussein Ali, dirigeant d’un syndicat dans le secteur de la santé, a été retrouvé criblé de balles à Bagdad, en Irak, après avoir été torturé ; le 13 septembre 2006, M. Gregorio Izquierdo Meléndez, l’un des responsables du Comité permanent pour la défense des droits de l’Homme en Colombie, a été assassiné dans la région d’Arauca ; depuis le 1er décembre 2006, M. Thares Sodsri, défenseur du droit à l’environnement dans la province de Rachaburi, en Thaïlande, est porté disparu. Il est à craindre qu’il n’ait été assassiné.
Ces drames ne représentent qu’une infime partie des cas recensés par l’Observatoire, qui décrit le sort de 1 306 défenseurs visés en 2006 par des actes de répression dans près de 90 pays[2].
Lorsque les défenseurs ne paient pas leur engagement de leur vie, c’est leur intégrité physique et psychologique, voire leur liberté qu’ils mettent en péril. Menaces de mort, actes de torture et mauvais traitements, arrestations et détentions arbitraires, campagnes de diffamation sont ainsi restés le lot quotidien de dizaines d’hommes et de femmes engagés dans la défense des droits de l’Homme et des libertés fondamentales.
[1] Cf. La Russie selon Poutine, Gallimard, 2004.
[2] Cf. tableau statistique p. 653.