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4 mars 2008
Aujourd’hui, c’est la Journée Internationale de la Femme. Chaque année, le Comité de défense des écrivains persécutés du PEN International a recensé plusieurs écrivaines et journalistes ayant subi des attaques pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression et d’opinion.
Célébrant l’événement du 8 mars 2008 et marquant sa Campagne Chine à l’approche des Jeux Olympiques de Pékin, PEN International se concentre sur les cas de Zeng Jinyan, Li Jianhong et Tsering Woeser. Vivant sous les menaces, ces trois femmes courent le grand risque d’être arrêtées et emprisonnées pour longtemps. Femme de Hu Jia, un écrivain dissident en prison depuis décembre 2007, l’écrivaine Zeng Jinyan est placée, avec son bébé de trois mois, en résidence étroitement surveillée à Pékin. Membre du Centre PEN Chinois Indépendant, l’écrivaine Li Jianhong est sujette à d’intenses harcèlements policiers. Exilée à Pékin, l’écrivaine tibétaine Tsering Woeser souffre de sévères harcèlements depuis l’interdiction de son deuxième livre intitulé ‘’Les Notes sur le Tibet’’.
Pour les écrivains vietnamiens en exil, cette Journée Internationale de la Femme est aussi une occasion de rappeler au public la brutale répression contre des cyberdissidentes et défenseuses des droits humains au Vietnam : des arrestations arbitraires, des agressions et tortures, des parodies de justice avec des procès inéquitables et de lourdes peines d’emprisonnement. Elles sont incarcérées dans des conditions effroyables, humiliantes, inhumaines.
Telles Tran Khai Thanh Thuy, poète, écrivaine et journaliste, membre honoraire du Centre PEN Anglais. Grâce à la pression internationale, elle vient d’être relâchée après 9 mois de détention en isolement dans un camp, alors qu’elle souffre de tuberculose avancée et de diabète.
Ou bien Le Thi Cong Nhan, cyberdissidente, avocate du barreau de Hanoi, membre de l’Union Internationale des Avocats UIA, membre honoraire du Centre PEN Suisse Romand, condamnée à 3 ans de prison pour ‘‘propagande contre l’État socialiste’’. Mal nourries et privées de soins médicaux et d’hygiène, elles subissent des actes d’humiliation, d’intimidation et de menaces commis par des détenues de droit commun.
Tran Khai Thanh Thuy avait été violemment frappée par l’un des policiers de sécurité lors son arrestation à Hanoi et par une détenue de droit commun, en détention. Le visage et la jambe de l’écrivaine portent encore des cicatrices très visibles.
Quant à Le Thi Cong Nhan, elle avait entamé une grève de la faim le 27 décembre 2007 pour protester contre ces conditions de détention devenues insupportables. Et puis le 3 janvier 2008, malgré son état de santé épuisant, elle avait été déportée très tôt le matin vers un autre camp de concentration. Un camp plus grand et plus redoutable dans la province de Thanh Hoa, à plus de 200 km au sud de Hanoi et proche de la frontière lao-vietnamienne – une région montagneuse où l’hiver est très rude et l’été est brûlant à cause du vent terriblement chaud venant du Laos en traversant la Chaîne Truong Son (ou Cordillère Annamitique). Pendant le voyage escorté, Le Thi Cong Nhan s’était évanouie dans le véhicule pénitentiaire. Chaque prisonnière a droit à une place de 80cm x 220cm sur un plancher cimenté pour étendre sa natte de jonc. Sans eau potable. Pas d’eau courante ni d’installations sanitaires adéquates, les plus élémentaires. Pour tout ce monde carcéral féminin, la douche se fait en plein air, sans abri, avec l’eau insalubre que chacune doit faire monter dans un puits du camp. Cet hiver, la plus longue vague de froid historique touche plusieurs provinces du Nord Vietnam, dont Thanh Hoa, depuis le 14 janvier 2008.