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République démocratique du Congo
vendredi 20 novembre 2009 par MONUC , UNHR
6 février – 21 mai 2008
I. Sommaire exécutif
1. Secrétaire de rédaction de la Radio Okapi à Bukavu et membre du personnel national de la MONUC, Serge Maheshe a été tué, le 13 juin 2007, à Bukavu, dans la province du Sud-Kivu. A la suite de cet assassinat, se sont tenus des procès en première instance et appel respectivement devant le Tribunal Militaire de Garnison (TMG) de Bukavu, ainsi que devant la Cour Militaire du Sud-Kivu.
le refus de la Cour Militaire d’instruire d’autres pistes et mobiles crédibles et susceptibles d’apporter davantage de lumière sur le meurtre de Serge Maheshe ;
la persistance des insuffisances des enquêtes pénales ;
l’absence d’enquête indépendante et impartiale sur les accusations de subornation portées à l’encontre de deux magistrats militaires ;
un climat d’intimidation et de menaces à l’encontre des avocats de la défense et des observateurs du procès ;
6. Serge Maheshe, secrétaire de rédaction de la Radio Okapi à Bukavu et membre du personnel national de la MONUC, a été tué par balles, le 13 juin 2007 sur l’avenue Saio, dans la commune d’Ibanda, à Bukavu, alors qu’il se trouvait en compagnie de deux de ses amis. Le lendemain des faits, la police nationale a procédé à l’arrestation de deux militaires soupçonnés d’avoir commis l’assassinat. Deux civils ont également été arrêtés après vérification des appels téléphoniques effectués à partir de la carte sim ayant appartenu a la victime, ainsi que ses deux amis, qui se trouvaient avec lui au moment des faits.
7. Conformément à la procédure de flagrance, le Tribunal Militaire de Garnison (TMG) de Bukavu a immédiatement été saisi, notamment pour assassinat, contre l’ensemble des suspects, et pour dissipation de munition de guerre contre l’un des prévenus militaires. La première audience s’est tenue dès le lendemain de l’assassinat. Le procès s’est déroulé de juin à août 2007. Le 28 août 2007, le tribunal a prononcé la condamnation à mort de quatre prévenus civils, dont les deux amis du journaliste, seuls témoins oculaires de l’assassinat. L’un des prévenus militaires a été acquitté, tandis que le second a été condamné non pas pour assassinat, mais pour destruction d’arme.
8. Les condamnés et le ministère public ayant interjeté appel, le procès en appel s’est déroulé du 6 février au 21 mai 2008 devant la Cour Militaire du Sud-Kivu. À l’issue de l’appel, la Cour Militaire du Sud-Kivu a acquitté les deux amis du journaliste et condamné à mort trois civils, dont les deux civils déjà condamnés à mort au premier degré. Ces derniers ont rétracté leurs accusations contre les deux amis de Serge Maheshe, tout en soulevant de graves allégations contre deux magistrats de l’auditorat militaire près le tribunal de garnison qui les auraient poussés à désigner les deux amis du journaliste comme commanditaires de l’assassinat.
9. Le BCNUDH a procédé à l’observation de l’intégralité des procès en première instance et en appel dans le but de vérifier que les normes internationales, régionales et nationales des droits de l’homme garantissant le droit à un procès équitable, ainsi que les principes assurant la protection des défenseurs des droits de l’homme, étaient respectés. Il s’agit notamment de l’article 14, alinéas 1 et 2, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques4.
2. Toute personne accusée d’une infraction pénale est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie ».
10. Le procès aussi bien en première instance qu’en appel a été marqué par de nombreuses violations des garanties fondamentales du droit à un procès équitable. Le rapport d’observation du procès en appel fait notamment état du refus de la Cour d’instruire d’autres pistes et mobiles crédibles de l’assassinat, le refus de la Cour d’ordonner un supplément d’instruction et de procéder à une autopsie et à l’expertise balistique, malgré les offres répétées de facilitation de la MONUC. L’absence d’enquête indépendante et impartiale sur les accusations de subornation portées à l’encontre de deux magistrats par les présumés auteurs matériels et la violation du principe d’égalité des moyens entre les parties a été également constatées.
Rapport_Maheshe_-_proces_en_appel_-_novembre_2009_-_version_originale_et_francaise.pdf
(PDF - 351.2 ko)