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Front Line est profondément inquiète suite à l’annonce de la condamnation du défenseur des droits humains Ennaama Asfari à deux mois de prison et à une amende de 3000 Dirhams, le 28 avril 2008. Ennaama Asfari est le co-président du Comité pour le respect des libertés et des droits humains au Sahara occidental – CORELSO. Front Line est aussi préoccupée par l’expulsion hors du Maroc de quatre observateurs internationaux, présents au procès d’Ennaama Asfari le 21 avril 2008.
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Publié le 02/05/2008. Le 28 avril 2008, Le Tribunal de Première Instance de Marrakech a condamné Ennaama Asfari à deux mois de prison et à une amende de 3000 Dirhams. Ennaama Asfari a été condamné pour violence contre les autorités, de port d’arme blanche et pour conduite en état d’ivresse. Il maintient qu’il est innocent de toutes les charges retenues contre lui et il a fait appel de sa condamnation. Ennaama Asfari est détenu à la prison de Boulemharez à Marrakech.
Ennaama Asfari a été arrêté le 13 avril 2008 à Marrakech ; il est accusé d’avoir causé un accident de voiture. Il a été conduit au poste de police le 14 avril, où il aurait été victime de mauvais traitements et de torture, avant d’être conduit devant le tribunal le lendemain. Sa famille n’avait pas été officiellement informée de son arrestation ni de l’endroit exact où il se trouvait.
Les observateurs internationaux présents au procès d’Ennaama Asfari, le 21 avril 2008, ont noté plusieurs irrégularités dans les procédures, notamment le fait que l’arme qu’il est accusé d’avoir eu en sa possession n’ait jamais été saisie par la police, et que l’état d’ébriété d’Ennaama Asfari n’a pas été confirmé par un examen médical. De plus, le tribunal n’a pas ordonné une enquête sur les mauvais traitements et les actes de torture qu’aurait subis Ennaama Asfari. Le procès avait été reporté au 28 avril à cause de témoignages contradictoires.
Le 20 avril 2008, un groupe d’observateurs internationaux composé de quatre défenseurs des droits humains français : Frédérique Lellouche, coordinatrice de la mission au Maghreb de l’association Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture - France (ACAT) ; Murielle Brun, Pierre-Alain Roussen et Claude Mangin, tous membres de l’Association des amis de la République arabe sahraouie démocratique, est arrivé au Maroc afin d’évaluer la situation des droits humains au Sahara Occidental et de développer des relations entre les organisations de la société civile et les autorités marocaines.
Le 21 avril 2008, ils ont observé le procès d’Ennaama Asfari à Marrakech. Le 24 avril 2008, ils ont été arrêtés par la police à Tan-Tan, dans le sud du Maroc. Après leur arrestation, ils ont été interrogés pendant 13 heures au sujet de leur présence au procès, du programme de leur visite et de leurs relations avec les défenseurs des droits humains et les organisations non gouvernementales dans la région du Sahara Occidental.
Le 25 avril 2008, aux environs de 1h00, ils ont été conduits à l’aéroport d’Agadir et placés à bord d’un vol pour Paris. Avant l’embarquement, ils ont été informés que les autorités avaient ordonné leur expulsion hors du Maroc au motif qu’ils représentaient un risque pour l’ordre public.
Front Line pense que l’arrestation, la détention et la condamnation d’Ennaama Asfari, mais aussi l’expulsion des observateurs internationaux présents à son procès, sont directement liées à leurs actions légitimes et pacifiques pour la défense des droits humains. Front Line est inquiète pour l’intégrité physique et psychologique d’Ennaama Asfari pendant sa détention.