un projet de Protection International
Cuba
mercredi 8 novembre 2006 par Amnesty International
PUBLIC
Index AI : AMR 25/002/2006
AU 298/06
ÉFAI
8 novembre 2006
Miguel Valdés Tamayo (h), 49 ans, et ses proches
Juan Carlos González Leiva (h), 41 ans, et ses proches
Miguel Valdés Tamayo et Juan Carlos González Leiva, deux défenseurs des droits humains, ont été la cible de manœuvres d’intimidation et de harcèlement, apparemment en raison de leur action en faveur des droits fondamentaux. Amnesty International craint qu’ils fassent l’objet de nouveaux actes d’intimidation ou que l’on s’en prenne à eux.
Selon certaines informations, Miguel Valdés Tamayo, président de l’association Hermanos Fraternales por la Dignidad (Frères fraternels pour la dignité) et membre de l’Asamblea para promover la sociedad civil en Cuba (Assemblée pour la promotion de la société civile à Cuba), a été agressé physiquement et verbalement le 27 octobre 2006 par un important groupe de personnes rassemblées devant son domicile, à La Havane. Miguel Valdés Tamayo a expliqué que ces individus avaient tenté de l’empêcher de sortir de chez lui en le frappant à la tête, sur le torse et dans le dos. Il s’agissait pour la plupart de femmes, qui seraient membres des Brigadas de Respuesta Rápida (Brigades d’intervention rapide), des groupes de volontaires non armés chargés de prévenir la délinquance et de faire face à toute expression de mécontentement ou d’opposition au régime.
L’avocat Juan Carlos González Leiva, président de la Fundación Cubana de Derechos Humanos (Fondation cubaine des droits humains), a fait l’objet de plusieurs « actes de répudiation », des rassemblements de sympathisants du régime organisés – souvent par les autorités – devant le domicile des dissidents et des militants. Amnesty International pense que ces « actes de répudiation » peuvent s’apparenter à une torture psychologique.
Le 2 novembre, des sympathisants du régime se sont rassemblés à Ciego de Ávila (centre du pays) devant la maison de Juan Carlos González Leiva. Cet homme, qui est aveugle, aurait ainsi été soumis à plusieurs reprises ces derniers mois à des « actes de répudiation ». En janvier 2006, des partisans du gouvernement se sont installés devant chez lui, scandant des slogans en faveur du régime et diffusant de la musique à très haut volume ; ils l’ont empêché de sortir pendant cinq jours. Des personnes qui étaient venues lui rendre visite se sont également trouvées bloquées à l’intérieur. Pendant tout le temps qu’a duré la manifestation, l’eau, le téléphone et l’électricité auraient été coupés et les membres de la famille n’auraient pas pu pénétrer dans la maison.
Selon certaines informations, Juan Carlos González Leiva a déjà été menacé, harcelé et arrêté dans le passé, apparemment en raison de ses opinions politiques et de ses activités en faveur des droits humains. Il a été interpellé le 4 mars 2002 en compagnie d’autres militants des droits humains qui rendaient visite à Jesús Alvárez Castillo, un journaliste hospitalisé après avoir, affirmait-il, été blessé par des policiers. Ayant protesté contre l’agression dont avait été victime Jesús Alvárez Castillo, les militants auraient à leur tour été frappés et arrêtés par des membres des forces de sécurité. Ils auraient été inculpés d’« outrage », de « troubles à l’ordre public », de « rébellion » et de « désobéissance ». Après avoir passé près de deux ans en détention provisoire, Juan Carlos González Leiva a été jugé en compagnie de neuf autres personnes le 26 avril 2004. Condamné à quatre années d’emprisonnement, il devait purger le restant de sa peine assigné à son domicile.
Miguel Valdés Tamayo a été arrêté le 19 mars 2003 et condamné à quinze ans d’emprisonnement pour avoir porté atteinte à l’« indépendance ou l’intégrité territoriale de l’État » (article 91 du Code pénal). Amnesty International l’a adopté comme prisonnier d’opinion. Il a bénéficié d’une mesure de libération conditionnelle pour raison de santé le 9 juin 2004. Il aurait depuis été menacé et harcelé par les forces de sécurité, en particulier au cours de ces derniers mois.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Il est fréquent que les membres d’organisations politiques ou de défense des droits humains non reconnues par les autorités qui exercent leur droit à la liberté d’expression, de réunion et d’association soient la cible de manœuvres d’intimidation, qui visent semble-t-il à les empêcher de mener à bien leurs activités pourtant légitimes et non violentes.
Les « actes de répudiation » sont menés par des sympathisants du régime, qui se rassemblent en masse devant le domicile d’un dissident ou d’un militant considéré comme « contre-révolutionnaire ». La victime est souvent injuriée et intimidée, voire agressée physiquement ; des pierres ou d’autres objets sont parfois lancés contre sa résidence. Ces « actes de répudiation » se tiennent généralement avec la complicité des forces de sécurité. Les Brigades d’intervention rapide et les Comités de Defensa de la Revolución (CDR, Comités de défense de la révolution, une autre organisation de citoyens mise en place par les autorités) y participent parfois. Toutefois, les autorités qualifient régulièrement ces agissement de « manifestations spontanées ». Leur violence s’est accrue ces derniers mois et atteint actuellement un niveau particulièrement préoccupant.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
APPELS À
Chef de l’État et du gouvernement
Raul Castro Ruz
Presidente interino
La Habana, Cuba
Fax : + 53 7 8333085 (via le ministère des Affaires étrangères)
ou + 1 2127791697 (via la Mission de Cuba auprès des Nations unies)
Courriers électroniques :
f_castro cuba.gov.cu ou cuba un.int (via la Mission de Cuba auprès des Nations unies)
Formule d’appel :
Su Excelencia / Monsieur le Président de la République par intérim
Procureur général
Juan Escalona Reguera
Fiscal General de la República
Fiscalía General de la República, San Rafael 3, La Habana, Cuba
Fax : + 53 7 669 485 / 333 164
Formule d’appel :
Señor Fiscal General, / Monsieur le Procureur général,
Ministre des Affaires étrangères :
Felipe Pérez Roque
Ministro de Relaciones Exteriores,
Ministerio de Relaciones Exteriores, Calzada No. 360, Vedado, La Habana, Cuba
Fax : + 53 7 8333 085 /
Courriers électroniques :
cubaminrex minrex.gov.cu
Formule d’appel :
Señor Ministro, / Monsieur le Ministre,
Ministre de l’Intérieur
General Abelardo Coloma Ibarra
Ministro del Interior y Prisiones
Ministerio del Interior, Plaza de la Revolución, La Habana, Cuba
Fax : + 53 7 8301 566
Formule d’appel :
Señor Ministro, / Monsieur le Ministre,
COPIES aux représentants diplomatiques de Cuba dans votre pays. PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 20 DÉCEMBRE 2006, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.