Tout d’abord, le terme « conformité » évoque la soumission et la docilité et devrait donc être évité. Les personnes ne respectent que les règles qu’elles compren- nent et acceptent parce qu’elles peuvent les faire leurs. Le maître mot est donc « l’appropriation ».
Pour qu’une procédure de sécurité soit suivie, il faut que chacun au sein d’une organisation y adhère. Cela n’arrive pas du jour au lendemain. Pour que le per- sonnel adhère à une procédure de sécurité il faudrait leur permettre de participer à son élaboration et à sa mise en oeuvre. La formation à la procédure, sa com- préhension et son acceptation sont également cruciaux.
L’appropriation ne se borne pas au « respect des règles ». Il s’agit bien plus que mettre en place un accord sur les règles qui encouragera les personnes à les appliquer parce qu’elles les comprennent, les jugent adéquates et efficaces et qu’elles y voient un enjeu personnel. Voilà pourquoi les règles devraient aussi correspondre aux valeurs morales et éthiques des individus et à leurs besoins fondamentaux.
S’approprier des règles n’est pas simplement leur « obéir » mais respecter un accord entre l’organisation et ses membres concernant la sécurité.
Afin de préserver l’accord entre l’organisation et les membres du personnel, il est important que les responsables de la sécurité cultivent l’implication per- manente des autres au moyen de briefings, de rappels sur des aspects pré- cis de l’accord, et en demandant aux autres leur avis sur l’efficacité et l’adéqua- tion des règles dans la pratique.
Impliquer les membres ne vaudra pas beaucoup sans une culture de la sécu- rité au sein de l’organisation qui puisse étayer les procédures tant formelles qu’informelles et les programmes de travail.
Les conditions nécessaires pour que les personnes puissent observer les règles et les procédures de sécurité peuvent être créées en :
- Amenant les membres à comprendre que la sécurité est indispensable pour protéger les victimes, témoins, membres des familles et collègues et qu’elle détermine la poursuite des activités principales de l’organisation.
- En favorisant une culture de la sécurité à l’intérieur de l’organisation et en la valorisant.
- En permettant l’appropriation des règles et procédures de sécurité.
- En veillant à ce que tous les membres conçoivent et améliorent ensem- ble les règles et procédures de sécurité.
- En formant les personnes aux questions de sécurité.
- En vous assurant que tous les membres du personnel sont convaincus de l’adéquation et de l’efficacité des règles et procédures de sécurité.
- En établissant un accord entre les organisations et les individus sur le respect des règles et procédures de sécurité.
- En impliquant les responsables de la sécurité aux briefings et à la for- mation des membres. En rappelant les termes de l’accord aux membres et en leur demandant leur opinion sur la pertinence et l’efficacité pratique des règles et procédures de sécurité.
Pourquoi les règles et procédures de sécurité ne sont-elles pas suivies ?
Le prototype du défenseur des droits humains ne suivant pas les règles et procé- dures de sécurité n’existe pas. Beaucoup de personnes au sein d’une organisa- tion observent souvent certaines règles mais pas d’autres, ou bien n’observent les règles que sporadiquement.
Il y a beaucoup de raisons possibles qui poussent les personnes à ne pas suivre les règles et procédures de sécurité. Pour permettre le changement et garantir l’appropriation des règles, il est important d’établir les causes et de trouver les solutions avec les autres personnes concernées. Il sera aussi utile de distinguer les différentes raisons pour lesquelles les personnes ne suivent pas les règles, car elles sont très diverses.
Quelques raisons éventuelles du non-respect des règles et procédures de sécurité :
Involontaires :
- Le défenseur n’est pas conscient des règles.
- Il ou elle n’applique pas les règles correctement.
Délibérées :
Problèmes généraux :
- Les règles sont trop compliquées et difficiles à observer.
- Les procédures ne sont pas à portée de main dans un bureau ou sont présentées d’une manière qui les rend difficilement utilisables au quotidien.
Problèmes individuels :
- Les règles sont en conflit avec les besoins ou les intérêts du membre individuel et ce problème n’a pas été résolu.
- Le membre individuel n’est pas d’accord avec certaines ou toutes les Nouveau manuel de protection pour les défenseurs des droits humains règles et pense qu’elles sont inutiles, inappropriées et inefficaces, par son expérience personnelle, des informations ou une formation antérieure, ou bien en raison de ses convictions personnelles.
Problèmes de groupe :
- La majorité du personnel n’applique pas les règles, les « responsables » du groupe ne les respectent pas ou pas assez, parce qu’il n’y a pas de culture de sécurité au sein de leur organisation.
- Une motivation insuffisante au travail peut amener les membres à igno- rer les règles de sécurité. Problèmes liés à l’organisation :
- Il n’y a pas de ressources financières ou techniques suffisantes pour per- mettre au personnel de suivre les règles facilement.
- Les règles sont en conflit avec certains domaines d’activité. Par exemple, les règles ont été établies par les responsables de la sécurité mais sont ignorées ou appliquées incorrectement par les personnes travaillant dans les programmes ou à la comptabilité. Certaines règles peuvent être adap- tées à un domaine de travail et être en conflit avec d’autres.
- Les membres ont une charge de travail importante, leur temps est limi- té, et ils ne donnent pas la priorité à certaines ou à toutes les règles.
- Un manque général de motivation, provenant d’un excès de stress, de différends entre collègues, etc.
La culture organisationnelle est à la fois formelle et informelle, et ne doit pas être développée seulement par l’organisation dans son ensemble, mais également au sein des équipes. Une bonne culture de l’organisation se caractérisera par des conversations informelles, des plaisanteries, des fêtes, etc.

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