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jeudi 10 décembre 2009 par Protection International
“Jamais nous n’avions vu l’Etat colombien déployer autant de moyens pour se débarasser des défenseurs des droits de l’homme et détruire leur travail.”
Des défenseurs des droits de l’homme qui représentent différentes organisations actives en Colombie témoignent, dans un document vidéo édité par Protection International, de la persécution dont ils sont victimes de la part de l’Etat colombien. Ils en appellent à la solidarité internationale afin de faire pression sur le gouvernement colombien pour obtenir la protection qui leur est due, conformément à ce que prévoient, entre autres, les Lignes directrices sur les défenseurs des droits de l’homme de l’Union européenne.
Ce document vidéo qui peut être visionné sur http://www.protectionline.org/spip....,
Protection International (PI), signataire de la campagne, est une association internationale qui fournit des outils et définit des stratégies de protection des défenseurs. PI dispose d’un bureau de protection en Colombie.
Dans un récent rapport, auquel a eu accès le Collectif des Avocats José Alvear Restrepo situé à Bogota, il est fait état d’écoutes téléphoniques massives et de contrôles abusifs de courriels de la part du DAS, Département administratif de Sécurité (services de sécurité de l’Etat), à l’encontre de défenseurs, de syndicalistes, de journalistes, de paysans, d’indigènes, de juges du Tribunal Supremo de Colombie, et même de délégués de la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme CIDH) de l’OEA lors de leur visite en Colombie. "Recourir à une institution de l’Etat (le Départment administratif de Sécurité), qui dépend directement de l’Exécutif, pour persécuter, de la manière la plus infâme qui soit, des défenseurs des droits de l’homme, allant même jusqu’à s’en prendre à leurs familles et enfants dans leur plus profonde intimité...Jamais nous n’avions vu l’Etat à ce point déterminé à détruire le travail des défenseurs" déclare Luis Guillermo Pérez de la Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH).
Le cas de Martín Sandoval, du Comité permanent des Droits de l’Homme d’Arauca est symptomatique : j’ai été emprisonné sept mois après l’opération menée par le DAS et divers organismes de l’Etat colombien le 4 novembre 2008 à Arauquita. “C’est grâce à la solidarité internationale et à la visite d’une délégation du Parlement britannique et de syndicalistes américains et canadiens que nous avons pu être libérés”.
“Parce que je suis un avocat qui défend les paysans souvent accusés d’être des guerrilleros, on nous accuse, nous avocats, de faire partie des groupes d’insurgés. J’ai eu la chance de rester en vie, mais d’autres n’ont pas eu cette chance” dit Ramiro Orjuela, du Comité des Droits de l’Homme de l’Ariari (département du Meta).
Luis Alberto Vanegas, de la Central Unitaria de Trabajadores de Colombie (CUT), rappelle que “La Colombie est le pays qui compte le plus d’assassinats de syndicalistes. Rien que cette année 2009, 26 syndicalistes ont déjà été assassinés”. Quant à Lina Paola Malagón, de la Commission colombienne des Juristes, elle a été déclarée “apatride” après avoir présenté devant le Congrès américain un rapport sur l’impunité et la violence à l’encontre de syndicalistes.“Des semaines plus tard j’ai reçu des menaces et j’ai dû quitter le pays pour rester en vie.”
Emmanuel Raison, porte-parole de Oidhaco, réseau regroupant une trentaine d’organisations européennes actives dans le domaine des droits de l’homme en Colombie, et signataire de la campagne, déclare entre autres : “Les Lignes directrices de l’Union européenne sur les défenseurs des droits de l’homme prévoient qu’un suivi de la situation des défenseurs en Colombie soit assuré par les pays de l’UE ; des actions importantes ont déjà été menées réalisées, mais vu la gravité de la situation, c’est loin d’être suffisant.”
Plus d’informations :
Protection Desk Colombie : Betty Pedraza : +571-3230460
Protection International, contact au siège à Bruxelles : Pascale Boosten : +32-2-609 44 07