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Ce rapport, établi par la Campagne pour un emblème de presse, et adressé au nouveau Conseil des droits de l’homme, examine la pertinence du droit humanitaire dans le nouveau contexte international, en particulier la protection dont bénéficient actuellement les journalistes. Il constate que cette protection est très insuffisante compte tenu des attaques systématiques dont sont victimes les civils et de violations graves des Conventions de Genève. Il préconise de renforcer les dispositions du droit international humanitaire (DIH) par une convention spécifique à la protection des journalistes dans les zones de conflit armé et de violences internes.
Un des principes essentiels sur lequel repose le DIH est la distinction entre civils et combattants. Or, dans les conflits actuels, cette distinction n’est plus respectée. Les civils constituent la très grande majorité des victimes. Des groupes armés non-étatiques (insurgés ou terroristes) ciblent avant tout des civils et des objectifs civils. Les journalistes sont à la fois victimes d’actes de terreur et d’actions visant à lutter contre la terreur, limitant l’accès du public à l’information. La confusion est fréquente entre objectifs civils et militaires. La protection des civils, sur laquelle repose celle des journalistes (article 79 du Protocole 1 aux Conventions de Genève), s’est considérablement affaiblie. Face à cette crise dans la protection, la communauté internationale apparaît impuissante et l’impunité est la règle. Les mécanismes existants ne semblent pas efficaces pour sanctionner les violations du DIH et des dispositions particulières pour renforcer son application semblent nécessaires.