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jeudi 2 septembre 2010 par ASADHO
Août 2010
« Tous les Gouvernements ont les mains couvertes de sang »
Publication de l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme en R.D.Congo (ASADHO)
Conformément aux instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la République Démocratique du Congo, il y a trois obligations importantes qu’elle est appelée à remplir. Il s’agit de l’obligation de respecter les droits de l’Homme, c’est-à-dire qu’elle ne doit pas en entraver la jouissance, l’obligation de protéger les droits de l’Homme, c’est-à-dire qu’elle doit prévenir les violations par des tiers et enfin, l’obligation de les mettre en oeuvre.
Particulièrement en ce qui concerne l’obligation de respecter les droits de l’Homme, celle-ci ne s’applique pas seulement au Gouvernement, mais elle s’étend aussi à tous les groupes armés qui contrôlent et administrent une partie du territoire national.
Au cours de cinquante dernières années, la République Démocratique du Congo a adopté plusieurs lois qui prennent en compte les questions des droits de l’Homme.
Nous pouvons citer l’actuelle constitution, la loi n° 08/011 du 14 juillet 2008 portant protection des droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA et des personnes affectées, la loi n° 06/018 du 18 juillet 2008 portant répression des violences sexuelles, la loi n° 09/001 du 10 janvier 2008 portant protection de l’enfant…
Mais en pratique toutes ces lois ne sont pas respectées en sorte que la majorité de citoyens ne jouit pas des droits qui y sont consacrés. Ces droits fondamentaux sont régulièrement violés par les institutions (Président de la République, Gouvernement, l’armée, la police, les services de renseignements..) qui sont appelées à les respecter et à les protéger.
Ainsi pour conquérir et protéger le pouvoir politique, certains congolais ont tué les autres ou porté gravement atteinte aux droits des particuliers consacrés par la loi. Pour avoir la main mise sur les ressources naturelles, les hommes qui sont au pouvoir ou d’autres se sont alliés aux forces négatives, aux multinationales pour commettre des assistanats, des viols, des pillages, des exécutions sommaires, des disparitions, arrestations et détentions illégales, des tortures et autres traitements cruels, inhumains et dégradants. Ils ont aussi utilisé les enfants dans les conflits armés.
De 1960 à ce jour, les opposants politiques, les défenseurs des droits de l’Homme et les journalistes ont payé un grand tribut en termes de violation des droits fondamentaux.
Les assassinats du Premier Ministre Patrice LUMUMBA, de Floribert CHEBEYA et la disparition de Fidèle BAZANA sont des cas qui doivent interpeller tous les congolais, car ces personnes ont été assassinées par les agents de l’Etat.
En République Démocratique du Congo, chaque Gouvernement a utilisé ses propres méthodes pour violer les droits de l’Homme. C’est pour quoi, nous disons que tous les Gouvernements ont les mains couvertes de sang des congolais.
Les 50 dernières années ont été aussi caractérisées par une impunité maladive. Les politiciens, les militaires et les policiers qui ont commis contre les citoyens des graves crimes jouissent toujours de la protection de leurs complices qui ont le pouvoir politique. Tel est le cas de Messieurs Gabriel KYUNGU WA KU MWANZA, John NUMBI, Laurent NKUNDA, Denis KALUME, Général RAUS CHALWE, AZARIAS RUBERWA… Cette liste n’est pas limitative, car d’autres auteurs des violations graves de droits de l’Homme, tel que MOBUTU, ne sont plus en vie, alors que d’autres ne peuvent être identifiés que grâce aux différentes enquêtes sollicitées par l’ASADHO.
La corruption et le dysfonctionnement de la justice ont gravement contribué à entretenir ce climat général de violation des droits fondamentaux et d’impunité.
Cinquante après, la situation des droits de l’Homme reste toujours préoccupante. Les opposants politiques, les journalistes, les défenseurs des droits de l’Homme, les syndicalistes, et tous les citoyens de manière générale, continuent à subir des affres du pouvoir, de l’armée, de la police et des groupes armés.
Il est temps de faire de la République Démocratique du Congo un Etat où les droits de l’Homme sont respectés et protégés.