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L’utilisation d’Internet ne cesse de se généraliser en Chine. Selon le Centre d’information sur le réseau d’Internet en Chine (CNNIC), le nombre d’internautes au 1er juillet 2007 atteint 162 millions, soit 12,3% de la population. Environ 1,3 million de sites sont répertoriés. Et 19% des internautes possèdent un blog. Afin de conserver son pouvoir, le Parti communiste chinois (PCC) a toujours contrôlé l’ensemble des médias (presse, radio et télévision) en prohibant l’indépendance de l’information ou la participation étrangère dans les entreprises de presse. Avec l’apparition d’Internet, le pouvoir a vu ce contrôle s’effriter. Le Web est le premier outil offrant un espace d’expression direct à la population. Mais les nombreux sites d’informations privés présents sur la Toile ne sont pas libres pour autant. Ils doivent eux aussi se plier à la censure et pratiquer l’autocensure pour ne pas être condamnés à une disparition immédiate.
Cette surveillance de la Toile s’exerce grâce à un savant mélange de technologies de filtrage, de surveillance par la cyberpolice et de propagande, pour lesquelles la Chine investit massivement. La censure, draconienne, prend en chasse tout ce qui a trait aux droits de l’homme, à la démocratie ou à la liberté de croyance. Elle tue dans l’œuf la liberté d’expression promise par le Web. Victimes de cette censure, les internautes et blogueurs se sont parfois rebellés, allant jusqu’à déposer des plaintes contre des hébergeurs. Ce fut le cas de He Weifang, Pu Zhiqiang, Xiao Han et Xu Zhiyong lorsque leurs blogs ont été bloqués par Sina. En effet, la Constitution chinoise protège en théorie les libertés fondamentales face aux nombreuses réglementations qui imposent de sévères limites aux médias en ligne et aux sites des organisations non gouvernementales. Ce rapport réalisé par un technicien chinois du secteur d’Internet est un voyage inédit au cÅ“ur de ce système de censure sans équivalent dans le monde. La Chine est le seul pays qui compte des dizaines de milliers de cybercenseurs et de cyberpoliciers. Si les activités de ces services, constitués depuis plusieurs années au sein de chaque Bureau local de la Sécurité publique, sont un secret d’Etat bien gardé, ce rapport révèle leur redoutable capacité à épurer la Toile des informations gênantes pour l’Etat. Les cyberpoliciers ont été impliqués dans l’arrestation de plusieurs centaines d’internautes et de cyberdissidents au cours des dix dernières années. A moins d’un an des Jeux olympiques de Pékin, ce document lève le voile sur cette réalité effrayante qui fait de la Chine l’un des pays les plus répressifs du monde sur la Toile.